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Les groupements d’experts-comptables : une mutualisation stratégique pour préparer l’avenir de la profession

Droit et Chiffre
Les groupements d’experts-comptables : une mutualisation stratégique pour préparer l’avenir de la profession
Les groupements d’experts-comptables : une mutualisation stratégique pour préparer l’avenir de la profession

Mutualisation de moyens, partage de compétences : les groupements apportent une nouvelle dimension aux experts-comptables et auditeurs. Éclairage sur ces alliances avec André-Paul Bahuon, président du Comité des groupements de cabinets indépendants (CGCI), au sein duquel sont rassemblés 13 groupements et associations de cabinets d’expertise comptable et d’audit en France.

Quels sont les grands enjeux auxquels la profession d’expert-comptable doit faire face ?

La digitalisation des entreprises françaises offre des opportunités importantes aux experts-comptables en matière de développement d’activité. Le traitement et la restitution de l'information s’automatiseront de plus en plus, mais notre profession conservera son rôle de compréhension et d’analyse de ces données. L’arrivée de la facturation électronique est révélatrice de l’ampleur de cette transformation que les experts-comptables sont en mesure d’accompagner. Ils travaillent d’ailleurs au travers de l'Ordre des experts-comptables à l’élaboration d’une plateforme collaborative et compatible avec Chorus, le portail de facturation électronique mis en place par l'État.

Comment les groupements contribuent-ils à structurer la profession ?

Les structures qui rassemblent groupements, ou associations techniques, apportent de la mutualisation en termes de recrutements, développement de modules de formation, achats, actions conjointes sur le marché, réponses communes à des appels d'offres, etc. Le Comité des groupements de cabinets indépendants (CGCI) compte aujourd'hui 13 groupements de cabinets d’expertise comptable et d’audit en France et une quinzaine de réseaux. Les membres du CGCI représentent à eux tous environ 3 milliards d’euros de chiffre d'affaires, près de 23 000 collaborateurs et 2 500 professionnels. Cela représente environ un plus de 10 % des professionnels de l’expertise comptable et d’audit et un peu moins du quart du marché en chiffre d’affaires. Un cabinet peut préférer rester seul sans rejoindre de groupements. Mais le ratio efforts/bénéfices sera moins satisfaisant au bout du compte pour eux.

Ces groupements peuvent-ils constituer un élément d’attractivité pour les jeunes ?

La profession est en pleine évolution, quasiment « en mode start-up ». Elle est bien vivante et le nombre croissant de jeunes inscrits au sein de la Compagnie des commissaires aux comptes montre son attractivité.  En travaillant auprès de dirigeants d’entreprises, les jeunes collaborateurs se rendent compte du poids que peuvent avoir leurs avis et analyses pour ces patrons. Notre métier fait de nous de vrais économistes du droit. Toute relation entre les particuliers et les entreprises est régie par la loi. Notre rôle est de traduire ce rapport en termes économiques. Les cabinets au sein des groupements peuvent offrir des perspectives d’évolution à ces jeunes : les collaborateurs y restent souvent entre 6 et 12 ans. Quand on est un petit cabinet indépendant isolé, c’est plus compliqué. Les jeunes partent plus vite à la concurrence ou dans des cabinets de plus grande taille où les rémunérations peuvent être plus élevées.

Quel est le rôle du CGCI ?

Le CGCI fédère les groupements de cabinets indépendants et ne fait ni lobbying ni communication. C’est un lieu d'échange, de rassemblement et de partage. Nous travaillons actuellement, en collaboration avec la Commission européenne, sur la DSP2, deuxième directive sur les services de paiement. Nous planchons avec un cabinet d'avocats sur la rédaction de conclusions que nous transmettrons à Bruxelles en vue de faire évoluer le texte. C’est aussi l’occasion de faire valoir notre place dans l’économie face aux très gros cabinets de la place avec lesquels nous dialoguons via la Fédération française des firmes pluridisciplinaires (F3P). Notre mode d’organisation évite même un phénomène de concentration puisque, par exemple, chacun pourra constater actuellement près de 250 cabinets d’audit légal qui interviennent auprès de sociétés cotées, de banques, d’assurances, d’OPCVM, etc. À titre de comparaison, aux Pays-Bas, il n’y a plus que trois acteurs sur le marché.

Quels sont ses grands chantiers en cours, ou à venir ?

La digitalisation et les ressources nécessaires pour la mettre en œuvre nous occupent beaucoup, ainsi que la sécurité IT. Nous voyons passer dans nos cabinets des données confidentielles et stratégiques. Nous devons en garantir la sécurité. Un autre grand projet connexe concerne les ressources humaines. Enfin, nous travaillons sur la RSE et l’accès des cabinets de « middle market » au statut d’organisme tiers indépendant (OTI) pour certifier l’information extra-financière.

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