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Médecins libéraux : comment évoluent les profils et les pratiques ?

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Temps de travail des généralistes, féminisation, renouvellement des générations, évolution de l’activité et des revenus... Deux études publiées à quelques semaines d’intervalle par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) offrent des éclairages complémentaires sur les transformations à l’œuvre dans l’exercice libéral.

Bien que portant sur des populations et des périodes d’observation différentes, deux études publiées par la Drees le 26 août et le 15 septembre 2026 permettent de mieux comprendre la façon dont évoluent les pratiques des médecins libéraux et de mesurer les effets des transformations démographiques de la profession sur leur activité et leurs revenus. 

L’étude 1381, consacrée aux médecins généralistes, montre que, derrière une durée de travail qui reste élevée, les pratiques diffèrent sensiblement selon les profils et les générations. L’étude 1383 s’intéresse plus largement à l’ensemble des médecins libéraux et analyse les effets de la féminisation, du renouvellement générationnel et de l’évolution du secteur du conventionnement sur leur niveau moyen d’activité et, en conséquence, sur l’évolution du revenu moyen de la profession.

Généralistes : 46 h de travail par semaine en moyenne...

Issue de données recueillies fin 2025 auprès de médecins généralistes, l’étude 1381 publiée par la Drees le 26 août 2026 apporte des précisions sur leur temps de travail.

Sur les 46 heures de travail hebdomadaires, 36,5 heures sont consacrées au temps médical auprès des patients, qu’il s’agisse des consultations au cabinet, des visites à domicile ou des téléconsultations. 6 heures sont dédiées à la gestion du cabinet et 2,5 heures à la formation et à la mise à jour des connaissances. L’heure et demie restante peut être dédiée à du temps de travail salarié pour ceux qui ont un exercice mixte ou à des cours dispensés à l’université.

La durée d’une consultation est de 19 minutes en moyenne en cabinet, de 40 minutes à domicile et de 14 minutes en téléconsultation. Les femmes déclarent des durées de consultation très légèrement plus longues que les hommes, d’environ 1 minute en moyenne.

...et des disparités selon l’âge et le sexe

Derrière la moyenne générale se cachent des disparités importantes entre les praticiens. Quelle que soit la tranche d’âge, le temps de travail déclaré est en effet plus important chez les hommes que chez les femmes, qui travaillent en moyenne 44 heures par semaine contre 48,5 pour les hommes.

L’étude révèle également que les jeunes médecins travaillent moins que leurs aînés. Ainsi, les femmes généralistes de moins de 45 ans déclarent travailler 41,1 heures par semaine en moyenne, c’est-à-dire 4,5 heures de moins que les hommes de la même tranche d’âge, qui eux-mêmes travaillent 5,5 heures de moins que les médecins plus âgés.

Comme le souligne la Drees, les écarts observés selon l’âge peuvent refléter à la fois un effet d’âge, lié au moment de la carrière auquel se trouve le praticien, et un effet de génération. Les conditions d’exercice ont elles-mêmes évolué au fil du temps, qu’il s’agisse de l’offre médicale locale, de la patientèle, du développement de l’exercice en groupe ou encore des possibilités de délégation de certaines tâches.

Féminisation et renouvellement des générations : un effet modérateur sur la progression du revenu moyen des médecins libéraux

Dans une deuxième étude, publiée mi-septembre, la Drees s’intéresse à l’ensemble des médecins exerçant en libéral. Elle analyse l’évolution de leurs revenus entre 2017 et 2021 et cherche notamment à évaluer dans quelle mesure l’évolution du profil des médecins en termes d’âge, de sexe et de secteur de conventionnement a influé sur cette évolution. 

Sur cette période, le revenu d’activité des médecins ayant une activité libérale en France a progressé en moyenne de 0,6 % par an. Mais la Drees montre que cette progression aurait été plus importante si le profil de la population médicale n’avait pas évolué[EP1.1][AM1.2].

Un des facteurs relevés est l’augmentation de la proportion de femmes parmi les médecins. En 2021, 41 % des médecins libéraux sont des femmes, contre 37 % en 2017 et 27 % en 2005. Or, à l’instar du constat effectué chez les médecins généralistes dans la première étude, le niveau d’activité des médecins femmes est inférieur à celui des hommes, quel que soit leur âge et leur spécialité. La féminisation de la profession participe donc à modérer la croissance du revenu d’activité moyen : selon la Drees, si la proportion de femmes était restée identique à celle de 2017, le revenu moyen aurait augmenté de 0,5 point de plus par an entre 2017 et 2021. [EP2.1][AM2.2]

Autre évolution observée : après une longue période de vieillissement, le nombre de nouveaux praticiens repart à la hausse. Or, le niveau d’activité des médecins est en moyenne plus faible en début de carrière, augmente ensuite jusqu’aux âges intermédiaires et tend à diminuer en fin de carrière. L’arrivée d’une proportion plus importante de jeunes praticiens modifie donc la structure par âge de la profession et contribue à faire évoluer son niveau d’activité moyen.

L’effet est suffisamment important pour se retrouver dans l’évolution des revenus : toutes spécialités confondues, la Drees estime que si la répartition des médecins par âge était restée identique, la croissance annuelle du revenu d’activité moyen aurait été supérieure de 0,6 point à celle effectivement observée entre 2017 et 2021.

Le secteur 2 joue, à l’inverse, en faveur de la hausse

Troisième évolution prise en compte par la Drees : la part des médecins libéraux exerçant en secteur 2, qui permet de pratiquer des dépassements d’honoraires, a nettement augmenté au cours des dernières années. Contrairement aux évolutions liées au sexe et à l’âge, cette progression contribue à augmenter le revenu d’activité moyen des médecins libéraux. Son effet reste toutefois modéré : la Drees l’évalue à +0,2 point de croissance par an en moyenne, avec des effets variables selon les spécialités.

Au total, ces différents effets de structure sont loin d’être anecdotiques puisqu’à structure d’âge, de sexe et de secteur de conventionnement inchangée, la Drees estime que le revenu d’activité moyen des médecins libéraux aurait progressé deux fois plus vite.

L’étude n° 1381, publiée le 26 août 2026, porte sur le temps de travail des médecins généralistes libéraux, à partir d’une enquête menée fin 2025.

L’étude n° 1383, publiée le 15 septembre 2026, porte sur l’ensemble des médecins libéraux et analyse l’évolution de leur revenu entre 2017 et 2021 en isolant différents effets de structure.

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