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À quoi ressemblent désormais les structures vétérinaires ?

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À quoi ressemblent désormais les structures vétérinaires ?
À quoi ressemblent désormais les structures vétérinaires ?

Organisation autour du bien-être animal, confort des équipes, urgences, techniques de pointe : l’exercice de la profession vétérinaire se transforme et les structures se réinventent. Décryptage avec Clara Noll et Stéphane Audierne, respectivement présidente et directeur commercial du bureau d’études Noll Concept, spécialisé dans la conception et l’aménagement de cliniques vétérinaires.

De votre point de vue de bureau d’étude spécialisé, quelles évolutions notables dans l’exercice de la profession vétérinaire avez-vous constaté ces dernières années ?

Clara Noll : « J’en vois essentiellement deux. D’une part, les exigences ont beaucoup évolué dans la conception des espaces, en termes de qualité d’accueil, tant des propriétaires que de l’animal. La prise en compte du bien-être de l’animal est désormais au centre de la conception d’une clinique et c’est ce dont les vétérinaires nous parlent en premier. D’autre part, le déploiement des centres d’urgences, qui répondent à un besoin vital exprimé par les professionnels : celui de pouvoir déléguer les urgences la nuit ou le week-end. C’est un vrai tournant pour les praticiens et pour nous aussi, en matière de conception et d’aménagement. »

Stéphane Audierne : « Cette évolution s’inscrit plus largement dans une structuration croissante de la profession vétérinaire. À l’image de ce que l’on observe chez les médecins, les praticiens travaillent de moins en moins de manière isolée. Par choix de vie, mais aussi pour mutualiser les compétences, renforcer la technicité et partager des investissements lourds, notamment en imagerie ou en chirurgie avancée. »

Comment cela se traduit-il dans la conception des espaces que vous réalisez pour la profession ?

C.N. : « De plus en plus de structures françaises adoptent l’approche américaine « Fear Free », destinée à réduire la peur et l’anxiété des animaux à chaque étape du parcours de soins. Séparation stricte entre chiens et chats, traitement acoustique, lumières et couleurs adaptées, espaces spécifiques pour nouveaux animaux de compagnies (NAC) reptiles, oiseaux ou lapins, manipulations douces... Un cabinet vétérinaire n’est plus seulement un lieu de soin : c’est un environnement émotionnel, pensé pour réduire le stress. »

S.A. : « On remarque aussi que les lieux sont plus spacieux et chaque espace doit être pensé et optimisé. Notre métier consiste à partir du bâtiment et à zoomer jusqu’au dernier meuble, conçu sur mesure. On décortique le travail réel du vétérinaire au quotidien pour optimiser l’ergonomie, les flux, les rangements, la profondeur des meubles, l’implantation des machines… L’objectif est de rendre la pratique du professionnel parfaitement fluide. »

Les projets immobiliers et d’aménagement des structures vétérinaires sont donc plus complexes ?

S.A. : « Un projet vétérinaire ne peut tenir ses délais que si l’on gère de A à Z. En tant que cabinet spécialisé, nous sécurisons le planning et le budget grâce à une maîtrise complète de la chaîne : phase administrative, exécution, fabrication sur mesure, livraison à date. Nous conseillons également les vétérinaires sur la localisation, certaines implantations étant stratégiques pour capter la clientèle, notamment pour les grands centres. »

C.N. : « Les professionnels ont rarement le temps et souvent pas les compétences en aménagement pour concevoir leur lieu de travail. Or on sent une prise de conscience accrue aujourd’hui de la part des professionnels, de l’influence de l’environnement de travail sur l’efficacité médicale, la fluidité des soins, le confort des équipes et la qualité relationnelle avec les propriétaires des animaux. Il s’agit aussi de penser à l’attractivité des lieux et au recrutement des talents, enjeu majeur pour la profession. Accompagner les vétérinaires dans la conception d’un outil de travail performant exige une expertise dédiée.»

Vous intervenez également sur des centres de référé vétérinaires ? En quoi ces projets sont-ils différents ? 

C.N. : « Les cliniques de référé représentent le deuxième niveau de soin dans un lieu conçu pour accueillir des cas souvent complexes nécessitant une expertise approfondie et un équipement de pointe. Cela change beaucoup de choses en termes d’aménagements des espaces, de gestion des flux de circulation, d’exigence en matière de confidentialité, d’hygiène ou de désinfection et de coordination fine entre les équipes. »

S.A. : « Nous avons récemment conçu à Bordeaux un centre de 1 000 m² regroupant 6 ou 7 spécialistes. Le dimensionnement est stratégique : taille des plateaux techniques, gestion des flux, séparation des espèces, ergonomie des soins. Il faut aussi se projeter non pas à demain, mais sur les 10 prochaines années, en intégrant les projets des associés (transmission, croissance, association…). Chaque professionnel possède ses contraintes et donne son propre cahier des charges. Le regroupement d’informations est à la fois contraignant et très enrichissant et suppose un travail d’écoute et de synthèse minutieux car essentiel pour la suite du projet. »

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